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Published: jeudi 14 aot 2014


New Balance M 576 GWG Chaussures Homme Gris BlancMon enfance en Normandie Caucriauville, la ville haute, le quartier populaire du Havre. Je me souviens de tout. Les arcades, la tour "réservoir" haute de vingt étages et cette rue du 8Mai1945 qui accueillait régulièrement les coursespoursuites entre flics et petits caïds de quartiers. L'endroit était parfait pour ce genre d'exercices. Ma tour à moi est rue Camélinat, au numéro 34. L'HLM familiale se trouve au septième étage, le dernier, et elle ressemble à n'importe quelle HLM. Elle est petite, mais dedans c'est la belle vie. A la maison, il y a souvent du monde. On parle créole, on mange mauricien, on danse le séga, le folklore mauricien, et on regarde les films de Bollywood, sur le petit téléviseur. La communauté mauricienne est chez elle à la maison. Mon père, Manduth, a été président du "Club dodo", qui fait la fierté des trois cents familles mauriciennes débarquées au début des années 70 pour travailler sur les chantiers navals. Luimême travaille làbas, il est tuyauteur sur des bateaux chargés d'amiante. Les potes de boulot défilent chez nous. Le travail agit comme un véritable lien social, mon père ne parle pas français mais est parfaitement intégré. Nous sommes au début des années 80 et le mélange, la mixité, cela fonctionne vraiment. La peur des étrangers arrivera plus tard. Nous, les enfants, on apprend. A cet âgelà, apprendre c'est s'amuser. L'école EdouardVaillant, dirigée d'une main de maître par M. Vieux, n'est pas très loin. Le matin, c'est un plaisir de se lever et de filer retrouver les amis, les maîtres dévoués, Melle Lemonnier ou M. Moi. J'adore l'école, j'adore être à l'école. A 16 h 30, les grands frères récupèrent les petits. Le mien, Vipin, m'oublie une fois sur deux, alors je rentre souvent seul jusqu'à l'appartement. Une nouvelle journée commence. Mes potes Fabian et LouisSerge, dit "Crevette" à cause de son physique squelettique, m'appellent par la fenêtre pour descendre. Moi, mon surnom, c'est Vishnu. Un match de foot se prépare. Il y a aussi mon frère Nanou, Christophe, Leblond, Lebon Paillette et tous les autres Sur le terrain de gravier, j'enchaîne les feintes de corps. J'évite les merdes de chiens, le bac à sable, le tourniquet et les racines des arbres qui éclatent le sol. Surtout, j'essaie de ne pas rentrer dans le gardien d'immeuble, qui passe de temps en temps pour nous virer du seul terrain de jeu à notre disposition. Mais le club du quartier, le Havre Caucriauville sportif (HCS), ne veut pas de moi. Je suis trop petit, paraîtil. Peutêtre trop indien aussi. Alors je continue à jouer devant ma tour sous l'oeil de nos seuls spectateurs, un couple de vieux scotchés au rebord de la fenêtre. Ils aiment nous voir courir, crier, vivre. Je continue à dribbler des Blancs, des Noirs, des Arabes, des grands, des petits, même quelques filles parfois. Puis, à 7 ans, en 1980, le père de Fabian, dirigeant au HCS, me fait enfin signer une licence. Contre l'avis des autres. Peu importe, c'est parti. J'ai un maillot bleu, mais il est un peu trop clair. Alors Mme Tocques, la mère de Nicolas, New Balance M 576 GWG notre capitaine, m'achète le bon maillot et me l'offre. Dans la foulée, mon oncle Das m'achète des chaussures de foot de la marque Patrick, belles, magnifiques même. J'en prends soin, je les dorlote. A présent, je joue partout et tout le temps. Le mercredi, entraînement en club au stade JulesLadoumègue. Le samedi, match. Le midi, dans la cour de récré de l'école EdouardVaillant. Le soir, en bas de l'immeuble. Et quand il pleut, on joue dans une cage d'escalier avec une boule de papier aluminium. Avec le HCS, on fait des éliminatoires, des tournois interquartiers, et voilà que le foot me fait traverser la rue. Je découvre les autres quartiers populaires du Havre : MontGaillard, Sanvic, LaMareRouge. Les quartiers bourges, le centreville, je les connaîtrai plus tard, pendant l'adolescence. Bientôt, je sors de la ville et je joue contre Gonneville, Goderville, ou SaintRomain et même Dieppe, à quatrevingts kilomètres du Havre. Une fois, je joue à Lillebonne, sous le pont de Tancarville. C'est la campagne, les gosses de làbas sont plus calmes, moins vicieux, plus bourrins.



On gagne 60, on gagne tous nos matchs 60. A chaque déplacement, les parents s'organisent. Trois ou quatre voitures, et en route. Au bord du terrain, c'est cassecroûte, apéro et le père de Crevette qui crie : "Vasy les Bleus !" Puis c'est le grand voyage pour un match de coupe nationale poussin, organisée par la Vache qui rit. On traverse le pont pour aller jouer dans la banlieue de Rouen, à soixante kilomètres du Havre. On bat le HAC (Havre Athletic Club), puis on perd en demifinale contre Oissel. C'est la première grande désillusion. Ils sont moins forts que nous, et pourtant C'est ça le foot ! C'est dur, c'est violent. Dans la voiture, sur le chemin du retour, je pleure. Adieu le Parc des Princes. Il paraît que c'est à Paris, encore plus loin. Ma mère ne veut pas laver mes affaires pleines de boue, elle n'aime pas encore le foot. Alors, parfois, pour lui faire plaisir, on change de sport. new balance femme pas cher On joue à cachecache dans les caves communicantes de la cité, imaginées par l'architecte Auguste Perret, qui a redessiné tout Le Havre après la guerre. On fait aussi des coursespoursuites dans les escaliers, on joue aux billes avec les Chinois. De temps en temps, on joue au tennis derrière l'immeuble, sur le parking qui mène au centre équestre de la forêt de Rouelles, réservé aux plus riches. Une fois ou deux, on passe par un trou dans le grillage pour entrer au Havre Tennis Club. On s'échappe ensuite vers le château de la Comtesse, gardé par deux bergers allemands. Trop risqué pour moi. Et puis la crise arrive et le chômage avec. Nous sommes en 1982 : le deuxième choc pétrolier, consécutif à la guerre IranIrak, commence à faire mal. Les pères ne vont plus travailler. Un jour, le mien revient du boulot quelques minutes seulement après être parti. C'est le chômage technique. L'Audi 80 dans laquelle toute la famille, sept personnes, avait l'habitude de s'entasser, sans ceinture, ne quitte plus le parking de la cité. Petit à petit, les visages se ferment, les rapports se tendent et tout se dégrade. Plus personne ne s'amuse dehors. La fenêtre et les volets des vieux restent à présent fermés. L'ascenseur tombe en panne, la minuterie ne marche plus, un sadique traîne dans les caves et la cage d'escalier commence à sentir la pisse. On y retrouve parfois des seringues. Mes soeurs ont 13, 14 ans et pour elles, la liberté s'est déjà envolée. Les gens s'enferment chez eux. Pour moi, Caucriauville, c'est fini. La famille Dhorasoo quitte le petit immeuble de la rue Camélinat pour Aplemont, le quartier d'à côté. Nous emménageons dans un petit pavillon à retaper. Nous sommes en 1983, et très bientôt, je signerai ma première licence au HAC, le grand club de la ville.

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