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Published: samedi 06 mai 2017


Académie française Dire, Ne pas dire comprend une rubrique intitulée Néologismes et anglicismes dans laquelle nous rappelons l'existence de formes françaises susceptibles de décrire la même réalité que ces emprunts fautifs qui abondent en français. Les germanismes, les italianismes, les hispanismes sont bien plus rares que les anglicismes mais ne sont pas inexistants. La locution prépositive Ensemble avec est un exemple de germanisme qu'il convient d'éviter. Il s'agit de la traduction littérale d'une forme très courante et correcte en allemand zusammen mit, mais qui ne correspond pas au génie de la langue française, qui y voit une redondance fautive. On se gardera bien de confondre ces deux homonymes, très éloignés par le sens, mais qui ne diffèrent dans l'écriture que par un accent. Le nom masculin Gène, qui désigne un élément constitutif du chromosome, peut facilement s'employer au pluriel. Le nom féminin Gêne, qui désigne un sentiment de malaise, d'embarras, s'utilise presque exclusivement au singulier. tymologiquement, Gène vient d'une racine indoeuropéenne gen, gon, gn qui traduit l'idée de naissance, de procréation: il appartient à une très grande famille dans laquelle on trouve, New Balance 998 Chaussures Homme parmi tant d'autres, des mots formés avec les suffixes gène et génie, les noms générateur, général et gonade, les verbes dégénérer et engendrer, les adjectifs génial et généreux, les prénoms Eugène, Noël et René (les deux derniers étant dérivés du verbe latin nascor, naître, dont la forme ancienne était gnascor) et deux ouvrages fondateurs de notre culture, La Genèse et La Théogonie. Le terme Gêne, qui au xiiie siècle désignait les tortures infligées pour obtenir des aveux, est lui issu du bas francique jehhjan, dire, avouer. La dureté des supplices était telle que, du xive au xvie siècle, on a dit et écrit gehenne, par rapprochement avec le nom géhenne, qui désigne les châtiments de l'enfer (ce dernier est issu de l'hébreu geHinnom, vallée de Hinom, vallée au sud de Jérusalem, où des enfants étaient offerts en sacrifice au dieu Moloch).



La prononciation de Voient est la même au subjonctif et à l'indicatif. On n'y fait pas entendre un son oille. Littré signalait que, dans Le Dépit amoureux, Molière faisait du subjonctif voient un mot de deux syllabes et ajoutait: Ceci est une ancienne prononciation qu'on entend fort souvent. Aujourd'hui voient est d'une Chaussures New Balance Homme seule syllabe. C'est sans doute l'analogie avec les formes voyons et voyez qui a contribué au maintien de cette prononciation, mais tous les grammairiens, en accord avec Littré, prescrivent la prononciation voi. Il en va bien sûr de même pour les formes de subjonctif présent au singulier voie, voies, voie. Dans Madame Bovary, Lheureux, le marchand de nouveautés, convainc régulièrement Emma d'acheter tel ou tel objet ou vêtement grâce à une phrase à laquelle elle semble ne pouvoir résister : C'est le genre ou sa variante C'est là le genre. Un siècle et demi plus tard, ni le bovarysme ni l'injonction à suivre les modes n'ont disparu, mais c'est le genre a été remplacé par c'est tendance ou ça fait tendance. Entre Flaubert et notre siècle, le complément du présentatif a perdu son article et son statut de nom pour devenir un adjectif invariable. Et, comme l'était déjà c'est là le genre d'autrefois, il s'agit là d'un déplaisant tic de langage. Même si les adjectifs Funéraire et Funeste ont tous deux pour racine le même mot latin funus, funérailles, ils ne sont ni synonymes, ni interchangeables. Funéraire signifie qui se rapporte aux funérailles et qui a rapport à la mort, à la dépouille, à la mémoire d'une personne, alors que Funeste signifie qui cause la mort et qui annonce la mort, le malheur. On distinguera aussi ces adjectifs de Funèbre, dont les sens sont voisins de funéraire, mais qui s'applique à des noms plus abstraits: Une oraison funèbre, une veillée funèbre. Signalons enfin que Funéraire et Funèbre, contrairement à Funeste, ne peuvent ni varier en degré, ni être antéposés. Le verbe jouer est très employé dans le vocabulaire de la musique. On le trouve d'abord avec un nom d'instrument comme complément: jouer du piano, de la clarinette. On trouve ensuite le nom du morceau qui est joué: jouer un prélude, une sonate. Enfin, jouer peut aussi avoir comme complément un nom de musicien, précédé ou non d'un article partitif: jouer du Bach ou jouer Bach. Dans ces derniers cas, le sujet du verbe peut aussi, par extension, désigner le support qui reproduit de la musique enregistrée, mais faire de ce support le complément d'objet direct de Jouer est une faute que l'on doit éviter. Même si le verbe renseigner s'est employé à la fin du Moyen ge avec le sens de porter en compte une somme, l'assigner à quelque emploi, il ne se construit plus depuis fort longtemps qu'avec un nom de personne comme complément: on renseigne quelqu'un sur une autre personne ou sur une chose. Mais une fâcheuse tendance semble se répandre aujourd'hui, qui consiste à employer renseigner avec pour complément un nom comme formulaire, document, fiche, etc. Sans doute cet usage provientil d'une volonté d'abréger des périphrases comme donner ou fournir des renseignements, remplir une fiche de renseignements. Pourquoi ne pas continuer à employer, plutôt que renseigner, des verbes qui convenaient parfaitement comme compléter ou remplir? Le nom appétence désigne une tendance qui porte tout être vers ce qui satisfait ses instincts, ses besoins, et notamment ses besoins alimentaires. On pourra ainsi dire d'un malade qu'il ne montre aucune appétence pour tel ou tel régime alimentaire. Ce terme est un mot ancien qui fut longtemps peu employé. Quand l'Académie l'introduisit dans son Dictionnaire, en 1740, elle assortit sa définition de la remarque suivante:Il n'a guère d'usage qu'en matière de Physique (rappelons qu'à cette époque le nom physique n'avait pas le sens qu'il a actuellement, mais qu'il désignait les sciences naturelles). Si appétence, par sa forme même et son étymologie, se rapproche d'appétit, il convient de ne pas l'employer avec les sens figurés de ce dernier, même si sa relative rareté et sa terminaison en ence, caractéristique des noms abstraits, lui donnent un aspect plus savant. Le verbe obnubiler signifie, au sens propre, couvrir de nuages, de brouillard et, au sens figuré, envahir la pensée, obscurcir le jugement, occuper toutes les facultés mentales. Ce verbe est emprunté du latin obnubilare, de même sens, luimême dérivé de nubes, nuage. Estce parce qu'obnubiler est relativement rare et qu'il présente une parenté sonore avec le terme plus familier omnibus, qu'on lui substitue l'étrange paronyme omnibuler ? Quelle que soit la réponse, on se gardera d'employer ce barbarisme, si amusant soitil.

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